Libération : du bi-média au média mixte ?
Par Netpolitique, jeudi 29 mars 2007 à 00:19 :: Netpolitique Monde - Sites web à visiter :: #706 :: rss Tags :
On a beau parler du Web participatif et des médias 2.0 en permanence, on ne peut qu'être frappé par les profonds changements qu'ont connu les sites des grands journaux depuis le début de la campagne.
En découvrant jeudi matin la Une de Libération.fr (cf. ci-dessous), j'ai été pour le moins saisi par la part de plus en plus conséquente donnée à la dimension "participative" :
appel à contenus "UGC" (user-generated content), fil de commentaires des lecteurs en réaction directe aux
Libération.fr ne serait-il finalement pas devenu un blog géant, tenu par des journalistes ?
Le même jour justement, la rubrique Grand Angle de Libé consacrait un long papier de fond intitulé "journal recrute non-journalistes", traitant du "crowdsourcing" appliqué aux médias et de journalisme "pro-am"...
On y lit notamment :
De fait, les expériences comme celle initiée par Jay Rosen se multiplient, à mesure que la séparation entre MSM (mainstream media) et UGM (User-Generated Media) s'amenuise. Citons en vrac certains exemples parmi les plus récents, et sans doute les plus frappants :
- Gannett, l'un des plus importants groupe de presse américain, prépare la réorganisation de ses rédactions pour faciliter le "crowdsourcing" et donner au public un accès direct à ses archives et bases de données, afin d'aider le journaliste dans son travail. Selon un porte-parole de Gannett, cité dans cet article du New York Times, "Le crowdsourcing permet de solliciter la sagesse et l'intelligence de nos lecteurs en amont du processus journalistique".
- Le non moins respectable Los Angeles Times s'est fendu d'un long article, modestement titré "les blogs peuvent faire mieux que la presse", détaillant par le menu comment le blog d'investigation Talking Point Memo a mené son enquête pour révéler le dernier scandale en date de la Maison Blanche (ou comment l'administration Bush a oeuvré pour écarter huit procureurs fédéraux jugés gênants).
En l'occurrence, ce n'est pas l'outil de publication qui compte (peu importe qu'il s'agisse d'un blog, d'un site, ou même d'une feuille ronéotypée distribuée à la criée), mais le fait que la rédaction de Talking Points Memo se soit appuyée sur son réseau de lecteurs pour recueillir des informations et mener son enquête.
Cerise sur le gateau, le correspondant à Washington du respectable TIME magazine, qui ne s'était pas privé de moquer ouvertement ces investigateurs amateurs, a dû faire amende honorable. L'histoire a depuis été portée à l'écran sous forme du clip "bloggers are jounalists too" circulant actuellement sur YouTube :
- Beaucoup plus proche de nos contrées, c'est désormais au tour de TF1 de donner modestement dans le "vous-rnalisme", en inaugurant à compter de lundi, dans son journal de 13h, un segment basé sur des vidéos envoyées par les téléspectateurs de Jean Pierre Pernaut.
Soit, le 13h n'est pas le 20h, et pour être fair play, i-télé avait déjà inauguré un procédé similaire, en récupérant des vidéos envoyées sur son espace dédié sur DailyMotion. Le Monde propose également aux lecteurs d'envoyer leurs vidéos.
Bref, le journalisme en "crowdsourcing" se développe également en France et va pouvoir maintenant faire ses preuves. Au vu de cette évolution, on ne peut que repenser au titre du livre séminal de Dan Gillmor sur le journalisme citoyen : "Nous, les médias".
Ce fameux "Nous" serait-il en train de devenir un "Vous" ?
Vers quoi mènent ces initiatives tous azimuts ? Le média de demain sera-t-il mixte, «proam» (pour professionnel-amateurs) ? Le premier grand hybride entre médias et émanation citoyenne est sorti depuis moins d'une semaine. Assignement Zero a été lancé par le magazine américain Wired en collaboration avec Jay Rosen, professeur de journalisme à New York University.
Dans ce journalisme open source, les internautes contribuent aux articles en amenant leurs infos (crowdsourcing). Les sujets sont discutés entre les journalistes professionnels et les citoyens, la rédaction étant déléguée aux premiers. En France, des idées similaires, associant journalistes professionnels et amateurs éclairés voire experts, sont en cours d'élaboration.
De fait, les expériences comme celle initiée par Jay Rosen se multiplient, à mesure que la séparation entre MSM (mainstream media) et UGM (User-Generated Media) s'amenuise. Citons en vrac certains exemples parmi les plus récents, et sans doute les plus frappants :
- Gannett, l'un des plus importants groupe de presse américain, prépare la réorganisation de ses rédactions pour faciliter le "crowdsourcing" et donner au public un accès direct à ses archives et bases de données, afin d'aider le journaliste dans son travail. Selon un porte-parole de Gannett, cité dans cet article du New York Times, "Le crowdsourcing permet de solliciter la sagesse et l'intelligence de nos lecteurs en amont du processus journalistique".
- Le non moins respectable Los Angeles Times s'est fendu d'un long article, modestement titré "les blogs peuvent faire mieux que la presse", détaillant par le menu comment le blog d'investigation Talking Point Memo a mené son enquête pour révéler le dernier scandale en date de la Maison Blanche (ou comment l'administration Bush a oeuvré pour écarter huit procureurs fédéraux jugés gênants).
En l'occurrence, ce n'est pas l'outil de publication qui compte (peu importe qu'il s'agisse d'un blog, d'un site, ou même d'une feuille ronéotypée distribuée à la criée), mais le fait que la rédaction de Talking Points Memo se soit appuyée sur son réseau de lecteurs pour recueillir des informations et mener son enquête.
Cerise sur le gateau, le correspondant à Washington du respectable TIME magazine, qui ne s'était pas privé de moquer ouvertement ces investigateurs amateurs, a dû faire amende honorable. L'histoire a depuis été portée à l'écran sous forme du clip "bloggers are jounalists too" circulant actuellement sur YouTube :
- Beaucoup plus proche de nos contrées, c'est désormais au tour de TF1 de donner modestement dans le "vous-rnalisme", en inaugurant à compter de lundi, dans son journal de 13h, un segment basé sur des vidéos envoyées par les téléspectateurs de Jean Pierre Pernaut.
Soit, le 13h n'est pas le 20h, et pour être fair play, i-télé avait déjà inauguré un procédé similaire, en récupérant des vidéos envoyées sur son espace dédié sur DailyMotion. Le Monde propose également aux lecteurs d'envoyer leurs vidéos.
Bref, le journalisme en "crowdsourcing" se développe également en France et va pouvoir maintenant faire ses preuves. Au vu de cette évolution, on ne peut que repenser au titre du livre séminal de Dan Gillmor sur le journalisme citoyen : "Nous, les médias".
Ce fameux "Nous" serait-il en train de devenir un "Vous" ?
















Commentaires
1. Le lundi 2 avril 2007 à 12:31, par roi bourdieusien :: email :: site
2. Le mercredi 11 avril 2007 à 16:26, par palpitt :: email :: site
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