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Rapport Tessier : vers une reconnaissance du journalisme citoyen ?

Marc Tessier, ancien président de France Télévision vient de remettre un rapport au Ministre de la Culture sur l'avenir de la presse face au numérique.

Rendu public dans la foulée des résultats du sondage La Croix-Sofres sur la confiance dans les médias, ce rapport devrait beaucoup faire parler de lui, et notamment de ses recommandations concernant la question d'un nouveau statut pour les "journalistes citoyens".

Débat récurrent s'il en est, la question du statut du blogueur par rapport aux journalistes professionnels est un sujet passionnel. Attendons-nous à voir dans les prochains jours des réactions corporatistes d'un côté, et des objections virulente de l'autre, face à tout système pouvant être perçue de près ou de loin comme une certification de l'information officielle ou à une restriction de la liberté d'expression en ligne.

A la lecture des pages concernées, il est évident que le rédacteur du rapport a bien conscience de s'aventurer en terrain miné.

L'auteur prend notamment soin de souligner la qualité et la démarche quasi-professionnelle des internautes sur certains médias citoyens ("il est frappant de constater que, paradoxalement, ce développement s’accompagne d’un rapprochement des méthodes et des règles qui sont généralement appliquées par les journalistes professionnels"), et d'envisager des modes de rémunération idoines "gagnant-gagnant" pour le contributeur, et pour le titre de presse qui se porterait acquéreur des contenus ainsi produits.

Cela suppose cependant un certain nombre de critères et de concessions de part et d'autres qui ne manqueront pas de faire grincer des dents comme le pressent l'auteur, insistant lourdement (avec sans doute à l'esprit le précédent de la Dadvsi, de sinistre mémoire au sein de ce même Ministère) sur les précautions d'usage :

L'ambiguïté de la démarche de labellisation (...) suscite de nombreuses réserves chez beaucoup d’acteurs. (...) Sans compter que la réaction des internautes, difficile à anticiper, pourrait bien être négative face à un label officiel, géré par les pouvoirs publics et les organisations professionnelles, et qui apparaître comme une tentative de contrôle ou d’encadrement d’un réseau dont les aspirations libertaires sont très fortes. (...) Le label doit être une véritable aide et un signe de confiance pour les internautes dans leurs relations avec les sites d’information, et non pas une ligne Maginot destinée à préserver, sans aucune chance de succès, les groupes de presse de la concurrence sur Internet.

Il faut donc lire ces quelques pages pour se faire une opinion et en débattre en connaissance de cause. Merci pour vos commentaires, le sujet en vaut la peine.

PS : Indépendamment du contenu même du rapport, on peut d'emblée regretter que son auteur n'ait auditionné (cf. page 70) personne issu de près ou de loin de la blogosphère française ou des médias citoyens, qu'il cite pourtant à de nombreuses reprises.

Extraits du rapport Tessier (pp.65 - 69 du rapport ; reproduites ci-dessous sans les notes de bas de page. Mentions en gras ajoutées par nous)

2. Réformer les équipes éditoriales : un statut pour les journalistes citoyens ?

Comme on l’a vu précédemment, la participation des internautes à l’élaboration des contenus des sites d’information est une tendance profonde, liée à l’explosion du Web 2.0, comme en témoigne le succès de sites comme Dailymotion ou MySpace. L’expression « journalisme citoyen » (citizen journalism) a été forgée pour décrire cette intervention croissante d’internautes qui ne sont pas des journalistes professionnels dans la confection des sites d’information. Le journalisme citoyen est donc le fait que des individus « jouent un rôle actif dans le processus de collecte, de transmission, d’analyse et de diffusion des actualités et de l’information en général ».

Or, il est frappant de constater que, paradoxalement, ce développement s’accompagne d’un rapprochement des méthodes et des règles qui sont généralement appliquées par les journalistes professionnels et donc d’une certaine convergence dans le fonctionnement des sites, qu’il s’agisse de sites gérés par des entreprises de médias ou de sites fondés sur l’intervention de non-professionnels. Ainsi, le site coréen OhMyNews, bien que faisant appel à des contributions d’internautes, encadre très strictement le processus de publication et fait appel à des journalistes pour l’organisation générale du site et la hiérarchisation des informations. Ainsi, la première règle de l’accord que doit approuver tout journaliste citoyen intervenant sur le site est : « je reconnais l’autorité éditoriale de l’équipe de rédaction d’OhMyNews51 ». Dans le même ordre d’idée, les contributions au site AgoraVox font l’objet d’une relecture par un comité éditorial qui, agissant en tant que filtre, « se chargera de vérifier la conformité des propos tenus avec la politique éditoriale d’AgoraVox et éventuellement mènera des enquêtes complémentaires en cas de doute si cela est jugé nécessaire52 ».

Un autre aspect de cette “professionnalisation” des interventions des internautes se matérialise par le fait que de plus en plus de contributions donnent lieu à rémunération. Le site www.citizenbay.com, un site communautaire et gratuit de création récente et consacré à l’information locale, propose ainsi une rémunération en fonction du nombre d’articles que ses contributeurs ont écrit sur des événements locaux. A une autre échelle, des acteurs majeurs de l’information sur Internet comme la BBC ou encore Yahoo News, en partenariat avec Reuters vont rétribuer, selon des modalités qui ne sont pas encore définitivement arrêtées, les internautes qui leur enverront des contenus intéressants. Dans le domaine du divertissement, le site YouTube a annoncé son intention de partager ses revenus publicitaires avec les propriétaires des vidéos postées sur le site.

Les journalistes citoyens vont donc devenir des collaborateurs de plus en plus fréquents des sites d’information, y compris sous la forme de collaboration rémunérée. Il convient donc réfléchir à la façon dont ces collaborateurs devront être intégrés et au statut de leur rémunération. Il s’agit d’un point crucial pour la presse, surtout si elle veut basculer la densité du son maillage territorial sur Internet, de façon à conserver un avantage essentiel dans la collecte de l’information. Il importe également que cette collaboration puisse être organisée de façon souple et évolutive et que, s’agissant d’interventions ponctuelles ou plus ou moins régulières de personnes ayant d’autres activités par ailleurs.

Dans cet esprit, il existe déjà un statut spécifique pour des personnes qui participent à la collecte d’information des journaux de la presse régionale. Ainsi, selon la loi du 27 janvier 1993, « le correspondant local de la presse régionale ou départementale contribue, selon le déroulement de l’actualité, à la collecte de toute information de proximité relative à une zone déterminée ou à une activité sociale particulière pour le compte d’une entreprise éditrice. Cette contribution consiste en l’apport d’informations soumises avant une éventuelle publication à la vérification ou à la mise en forme préalable par un journaliste professionnel ». Il s’agit d’une activité non professionnelle, exercée à titre accessoire et qui bénéficie d’un régime de cotisations sociales favorable.

Même si le journalisme citoyen n’en est qu’à ses débuts, surtout sous ses formes rémunérées, il serait intéressant d’envisager la transposition de ce statut de correspondant local au monde numérique, d’autant que ses critères apparaissent assez adaptés au mode de collaboration qui pourrait s’établir entre un site d’information et des collaborateurs occasionnels. En effet, le correspondant local ne peut se trouver dans une situation de subordination à l’égard de l’entreprise éditrice et notamment il ne peut pas être intégré dans un service organisé et recevoir une rémunération forfaitaire fixe.

Ce statut ne serait ouvert qu’à des sites répondant à des conditions de déontologie et de qualité de l’information strictement définies (existence d’une rédaction professionnelle…). En effet, cette proposition s’inscrit dans le cadre du développement de sites d’information complets qui associeraient un regard éditorial porté par des équipes professionnelles et des contributions aussi large que possible à l’information. La proposition n’a donc de sens que si elle s’inscrit dans une démarche de qualité et de fiabilité de l’information. Elle pourrait être, pour la presse, un moyen de transposer en ligne son savoir-faire en matière de collecte de l’information et de qualité du maillage local.

3. Mettre en valeur la qualité de l’information sur Internet : vers un label pour les sites d’information ?

Si l’enjeu du pluralisme sur les réseaux numériques concerne la qualité de l’information, comme on l’a évoqué plus haut, il pourrait être utile de mettre en place un encadrement juridique qui impose le respect de certains critères de qualité. Cependant, cette orientation se heurterait trop rapidement à la réalité du fonctionnement d’Internet qui, compte tenu de son caractère transfrontière, de la diversité des acteurs qui s’y expriment et de sa vitesse d’évolution, rend impossible la mise en place d’un cadre juridique contraignant au niveau strictement national.

Cette situation a conduit plusieurs intervenants à suggérer de prendre le problème en sens inverse. Plutôt que d’essayer de faire rentrer tout le monde dans le même cadre, pourquoi ne pas essayer de faire ressortir ceux qui, de leur propre initiative, respectent ces règles et s’astreignent à certaines contraintes pour garantir la qualité des informations qu’ils fournissent à leurs internautes ? Ceci à conduit à suggérer la mise en place d’une forme de label pour indiquer qu’un site suit, pour la production de ses contenus, des règles précises de déontologie et de contenu.

Plusieurs organisations professionnelles ont exprimé leur souhait de mettre en place un mode de reconnaissance des sites gérés par des entreprises de presse, de façon à ce que ceux-ci puissent être plus facilement identifiés dans l’univers numérique.

Le SPMI propose ainsi, dans la contribution qu’il a transmise à la mission, de « maintenir un statut presse pour éviter que la presse en ligne ne se trouve diluée dans la multiplicité des sites existants ». De même, le FNPS suggère que les éditeurs de presse « se concertent afin d’élaborer un référentiel permettant de qualifier les titres de presse indépendamment de leurs supports ». Ces propositions ont cependant l’inconvénient d’être assez restrictives dans leur champ, en ne réservant le statut ainsi défini qu’à des entreprises de presse, ce qui tend à méconnaître le fait que l’information sur Internet n’est pas seulement l’apanage de celles-ci et qu’elle a tendance à se diversifier de plus en plus en termes de contenu (vidéo…). Dans le même ordre d’idée, mais étendu à l’ensemble du secteur de l’information en ligne, le groupement français de l’industrie de l’information a mis en place, à partir de 1996, un code de déontologie qui précise les principes et les règles que ses membres s’engagent à respecter. En contrepartie, l’adhérent obtient le droit de mentionner sur son site sa qualité d’adhérent au code du GFII au moyen d’un sceau.

On est donc assez proche d’une démarche de « labellisation » fondée sur la qualité du contenu placé sur les réseaux numériques. Parmi les règles définies par le code de déontologie figurent notamment, l’engagement de s’identifier et de faire apparaître clairement ses sources, de dater l’information en ligne et notamment la dernière mise à jour. Les membres du GFII s’engagent également à fournir une information fiable, en toute transparence et sont prêts à voir leur responsabilité mise en cause au titre de cette information. Dernier exemple : la publicité en ligne doit être clairement identifiée comme telle sur les sites adhérents au code de déontologie54. Le groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE), également rencontré par la mission, a, de son côté, défini une charte d’édition électronique qui reprend des principes assez proches de ceux du GFII (vérification des informations, respect des règles de déontologie journalistique…) à laquelle doivent adhérer ses membres.

L’idée d’un label « information en ligne » est assez intéressante à plusieurs titres. D’abord, elle permettrait effectivement de donner un avantage immatériel aux sites concernés qui pourraient le faire valoir auprès de leurs lecteurs électroniques, ceux-ci pouvant immédiatement identifier les sites où ils seraient à peu près sûrs des informations fournies en ligne.

Pour les pouvoirs publics, le label pourrait constituer un outil pour soutenir et promouvoir une information francophone de qualité sur Internet et s’assurer ainsi que le basculement de l’audience vers le numérique ne se traduit pas nécessairement par un appauvrissement des contenus et un foisonnement d’informations douteuses et non hiérarchisées. Ceci serait particulièrement utile à destination des plus jeunes générations pour leur apprendre, dès leur scolarité, à mettre en perspective ce qu’ils trouvent sur Internet et hiérarchiser entre les différentes sources d’information en fonction de leur qualité.

Les critères sur lesquels seraient fondés sur l’expérience de la presse dans ce domaine et reprendrait donc les grands principes de fonctionnement et de déontologie des journalistes et rédactions de presse pour les adapter dans le numérique. Parmi ces critères pourraient notamment figurer : le caractère général du contenu, la continuité de l’information et l’actualisation régulière des sites en lien avec l’actualité, l’existence d’une rédaction indépendante composée de journalistes professionnels, la transparence sur l’origine des informations, le principe d’un contrôle éditorial ou encore l’existence d’un médiateur. A ces critères d’organisation et de fonctionnement pourraient être ajoutés des éléments tirés des règles déontologiques des journalistes. Les conditions concrètes d’attribution de ce label restent évidemment à préciser même s’il est évident que les professionnels auront un rôle essentiel à jouer. On pourrait, par exemple, s’inspirer d’autres labels mis en place pour guider et éclairer les internautes sur le contenu des sites qu’ils parcourent (cf. encadré suivant).

A l’étranger, il existe quelques tentatives de labellisation des sites d’information mais il s’agit généralement d’initiatives assez limitées dans leur portée et généralement lancées par les professionnels eux-mêmes. En Suisse, l’association de la presse suisse romande a ainsi créé un label fondé sur le respect de sept engagements. Si ceux-ci sont respectés par l’éditeur, celui-ci peut faire figurer sur son site un logo spécifique. Force est cependant de constater que l’impact de ce label semble limité : en consultant au hasard quatre sites des membres de l’association (Le Matin, La Tribune de Genève, La Liberté, Le Temps), seul un sur les quatre consultés faisait figurer sur sa page d’accueil le logo attestant qu’il possédait le label. Car c’est toute l’ambiguïté de la démarche de labellisation qui suscite de nombreuses réserves chez beaucoup d’acteurs, notamment le syndicat national des journalistes (SNJ). Pour de nombreux titres, qui disposent de marques fortes et d’une crédibilité fondée sur des décennies de travail de qualité, le label apparaît manifestement inutile. Les nouveaux acteurs de l’information en ligne préféreront d’ailleurs peut-être privilégier le renforcement de la crédibilité de leur marque auprès des internautes, plutôt que de s’engager dans une démarche coûteuse et aléatoire de recherche d’un label.

Sans compter que la réaction des internautes, difficile à anticiper, pourrait bien être négative face à un label officiel, géré par les pouvoirs publics et les organisations professionnelles, et qui apparaître comme une tentative de contrôle ou d’encadrement d’un réseau dont les aspirations libertaires sont très fortes. Il faut éviter à tout prix que cette démarche ne soit ressentie comme la mise en place d’un label « Presse française d’origine contrôlée », pour reprendre l’expression du SNJ, qui constitue un moyen de protection d’un « vieux » média face au succès du numérique__. Le label doit être une véritable aide et un signe de confiance pour les internautes dans leurs relations avec les sites d’information, et non pas une ligne Maginot destinée à préserver, sans aucune chance de succès, les groupes de presse de la concurrence sur Internet.

Pour avoir toutes les chances de succès, il semble donc préférable que cette démarche de labellisation soit d’abord gérée au niveau des acteurs eux-mêmes en couvrant un champ le plus large possible : sites de presse, pure players, sites d’autres médias… Lorsque ceuxci seront parvenus à définir les critères qu’ils jugent indispensables pour la qualité de l’information en ligne, ceux-ci pourraient ensuite être repris dans un label, qui pourrait également servir de référence dans différents mécanismes publics relatifs à l’information en ligne et notamment les aides (aide en fonds propres, TVA réduite, statut de correspondant en ligne…) qui sont proposées dans ce rapport.

Trackbacks

1. Le mercredi 21 février 2007 à 10:04, de Quitterie Delmas reporter AgoraVox

Notre gouvernement fait planer de nouvelles menaces sur la liberté d'expression et Internet...

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2. Le mercredi 21 février 2007 à 10:21, de Quitterie Delmas reporter AgoraVox

Notre gouvernement fait planer de nouvelles menaces sur la liberté d'expression et Internet...

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Commentaires

1. Le mercredi 21 février 2007 à 01:42, par Flaw

Il est quand même intéressant de noter que l'auteur du rapport mentionne spontanément qu'aucun autre pays n'a proposé une labellisation des sites...

Au vu du nombre d'articles commençant à apparaître sur ce sujet, d'ailleurs lié à l'instauration d'une commission de déontologie, il y a fort à parier qu'il ne s'agit que du début d'une nouvelle vague de protestation sur le Net.

Un autre point intéressant est l'aspect quasiment réglementaire de ces mécanismes de labellisation, qui en quelque sorte, de fait, se substitueraient à une loi claire : cela va à l'encontre du projet de codification du droit de la communication , qui se justifierait par l'obligation (constitutionnelle) de rendre la loi intelligible pour le plus grand nombre.

2. Le mercredi 21 février 2007 à 08:12, par Netpo

tout à fait d'accord, cette histoire de commission de déontologie est choquante dans la forme, si ce n'est sur le fond, qui n'est pas connu. Il y aura beaucoup à en dire...

3. Le mercredi 21 février 2007 à 13:19, par Alain :: email :: site

"Les critères sur lesquels seraient fondés sur l’expérience de la presse dans ce domaine et reprendrait donc les grands principes de fonctionnement et de déontologie des journalistes et rédactions de presse pour les adapter dans le numérique. Parmi ces critères pourraient notamment figurer : le caractère général du contenu, la continuité de l’information et l’actualisation régulière des sites en lien avec l’actualité, l’existence d’une rédaction indépendante composée de journalistes professionnels, la transparence sur l’origine des informations, le principe d’un contrôle éditorial ou encore l’existence d’un médiateur. A ces critères d’organisation et de fonctionnement pourraient être ajoutés des éléments tirés des règles déontologiques des journalistes. Les conditions concrètes d’attribution de ce label restent évidemment à préciser même s’il est évident que les professionnels auront un rôle essentiel à jouer. On pourrait, par exemple, s’inspirer d’autres labels mis en place pour guider et éclairer les internautes sur le contenu des sites qu’ils parcourent"

Ne sommes-nous pas devant l'amorce d'un formalisation des journaux citoyens (ombrageux pour les journaux traditionnels), qui déboucherait, une fois la labellisation établie, sur une masse homogène, plus facilement subversible et combattable. Si on veut donner un statu et définir le journalisme citoyen, inexorablement on va tendre à la définition du journaliste et c'est donc la porte ouverte à l'OPA par les journaux traditionnels sur un lectorat et une façon de faire qu'il peine encore a capter.

Au passage, le blog d'une socialiste qui parle vrai, surtout sur Papon:
elisabethguigou.hautetfor...

4. Le mercredi 21 février 2007 à 15:11, par Hubert Guillaud :: email :: site

Après en avoir discuté un peu, chez Emmanuel Parody :
ecosphere.wordpress.com/2...
ecosphere.wordpress.com/2...

Je continue à penser que, si la réflexion qui sous-tend cet intérêt est intelligente, elle est une mauvaise réponse a un faux problème et qu'un sticker en bas d'une page d'un site n'aura que peu d'influence sur les lecteurs. Pour comprendre le problème, il faut certainement le poser à l'inverse de la manière dont il est posé et se demander, aujourd'hui, comment on peut, à côté de sites de presse de qualité (Zdnet, etc.) faire une place à des sites qui ne sont pas de presse - et pas tenus par des journalistes. Les lecteurs quoi qu'il en soit ne s'y trompent pas et leur font déjà une place. Peut-on imaginer mettre en place une initiative de repérage des "bons" sites ? - si c'est bien le but du label ?... Est-il possible de prendre des photos d'environnements mouvants ?

Le problème c'est que je vois mal comment une initiative "partagée" pourrait voir le jour, et ce rapport qui parle de sites communautaires, mais semble ne pas les avoir approché, en est une bonne illustration. Prenons un exemple, volontiers polémique : mais peut-on, doit-on, et comment, imaginer un label qui puisse par exemple, référencer à la fois Wikipédia, Les Echos, Zdnet, Techcrunch, Agoravos, Maitre Eolas et MonPuteaux... Comprendre comment les limites de ces sites s'insèrent aujourd'hui dans une galaxie de sites d'information qui recomposent les médias me semble essentiel pour essayer de comprendre comment tisser des passerelles entre les uns et les autres. Qu'est-on en mesure de mesurer ? Qui jugera de la qualité, quand les outils de mesures ne savent mesurer que du quantifiable ?

Au final, il faut se reposer la question de l'utilité d'un tel label : si c'est pour repérer des "sites intéressants", ne sommes nous pas sûrs qu'il n'existe pas d'autres méthodes plus efficaces - la blogroll des blogs en est une qui montre son efficacité en tout cas ? Si c'est pour faire un label pour vendre un espace publicitaire plus cher, n'y a-t-il pas d'autres méthodes de mesures qui permettent déjà à ces sites de compléter leurs revenus ?...

Aujourd'hui cette question n'est posée que part une frange des acteurs de l'information - les acteurs traditionnels -, si elle n'arrive pas à associer pleinement les autres à cette réflexion, elle restera lettre morte, à l'image d'une ligne Maginot eventrée avant que d'être construite. Sans compter que les autres acteurs, au final, s'en moquent certainement de ce label...

5. Le mercredi 21 février 2007 à 16:39, par Flaw

Il y a quand même dans le fond un problème avec cette volonté de labellisation : Il est supposé à la base que les internautes ont besoin de ce type d'étiquetage pour savoir quel niveau de confiance accorder à un site...

N'est-ce pas une façon de nier l'esprit critique des internautes? Le besoin de labellisation est postulé, il n'est pas démontré.

Un exemple au hasard, qui nous est fournie par Quitterie : www.agoravox.fr/article.p...
à lire donc. Ce n'est qu'un exemple, mais il touche quand même directement un candidat à la présidentielle.
Maintenant :
Les screen shots "avant"/"après" sont assez parlants. ...
Que doit-on en conclure sur la qualité des informations fournies par des professionnels "labellisables", et des internautes "de base", non professionnels?

On sent quand même une volonté de contrôle de l'information via ces labels : Il faut bien relire le rapport Tessier:
"il pourrait être utile de mettre en place un encadrement juridique qui impose le respect de certains critères de qualité. Cependant, cette orientation se heurterait trop rapidement à la réalité du fonctionnement d’Internet qui, compte tenu de son caractère transfrontière, de la diversité des acteurs qui s’y expriment et de sa vitesse d’évolution, rend impossible la mise en place d’un cadre juridique contraignant au niveau strictement national."
C'est donc bien par réalisme, en raison de la nature même du Net, que Tessier se rabat sur un mécanisme de labellisation.

Par ailleurs, toujours pour essayer de préciser les intentions de Marc Tessier, il est utile de signaler deux de ses interventions lors du colloque convergence numérique au Ministère de la Culture, en novembre :

D'une part , il est revenu sur le problème du filtrage, mentionnant le problème de l'absence de frontières sur le Net vis à vis de la diffusion des contenus.

D'autre part, il a évoqué le problème des moteurs, comme google actu, qui selon lui devraient pouvoir être consédérés comme des diffuseurs, ou éditeurs.

Irait-t-on aussi vers une labellisation des moteurs de recherche?

Derrière les rapports et les discours officiels se cache sans doute une volonté assez hégémonique de contrôle de l'information.

6. Le jeudi 22 février 2007 à 08:22, par Raina :: email :: site

Je suis d'accord avec Flaw... La vrai question qui faut se poser, c'est pourquoi a-t-on commandé un tel rapport ? Internet, c'est flippant pour toutes et tous ceux qui ne sont pas nés avec cette génération ou ne pensent qu'en terme de contrôle...

7. Le jeudi 22 février 2007 à 17:58, par claire bienvenue (Rédactrice Come4news) :: site

bonjour, je suis d'avis de flaw ... il est indispensable de savoir si l'internaute pour s'y retrouver à besoin d'être pris par la main ... En même temps, il est nécessaire que certains sites soient reconnus pour l'apport éditoriale qu'il propose. Enfin je voudrais souligner ici que les sites rémunérant sont déjà en marche, allez voir www.come4news.com ... on n'y fait pas fortune mais le l'initiative est particulièrement intéressante !

8. Le jeudi 22 février 2007 à 22:42, par Didier :: site

Mon avis est :
Le meilleur label, à mes yeux, est d'intéresser le plus grand nombre (rédacteurs et lecteurs) afin que chacun y trouve son compte dans le partage, l'enrichissement, l'apprentissage et l'élargissement de son spectre de vie !
Le problème est : l'attribution d'un label part de mesures quantitatives, d'objectivité accompagnée d'un cadre règlementaire et juridique (permettant de contrôler ce qui se passe).
Hors, pour moi, le journalisme citoyen, c'est donner la parole au peuple au travers d'observations, d'avis, d'opinions, de convictions, d'émotions partagées (accompagnées de photos et vidéos), sans aucun cadre imposé, à l'exception du respect et de la morale, enfin, bref, que du subjectif ! Donc non quantifiable, donc non "étiquettable" ....

Le meilleur label, c'est le peuple, c'est vous, c'est nous !

Je pense que le potentiel est là et que le moment est venu pour que les journalistes professionnels et citoyens se rencontrent et apportent ensembles toutes la complémentarité et la richesse qu'ils détiennent afin de créer un nouveau concept "journalistique" à travers la presse numérique.

C'est ce concept que l'on retrouve sur www.come4news.com


9. Le vendredi 23 février 2007 à 11:13, par steffff :: email

Venez rejoindre le M.E.L (Mouvement pour une Ecriture Libre), manifestez et gagnez des nombreux lots !!! sur www.mouvementpouruneecrit...

10. Le samedi 24 février 2007 à 14:28, par stereo.fr :: email :: site

Internet, c est le melange de la fiction et de la realité. Il n y a rien a definir de plus.

11. Le lundi 26 février 2007 à 18:17, par Maxime :: email

Bonjour,
Ayant assisté Marc TESSIER dans la rédaction de son rapport sur la presse au défi du numérique, je me permets de réagir à votre post ainsi qu'aux commentaires.
Je voudrais d'abord préciser que le rapport avance de façon très prudente sur la question du label. Il y a un point d'interrogation et nous présentons à la fois les arguments "pour" et les arguments "contre".
Ceux-ci sont assez forts et nous avons beaucoup hésité avant de mettre cette proposition dans le rapport.
En revanche, je ne comprends pas pourquoi l'idée d'un label constituerait une restriction à la liberté d'expression. Si celui-ci était mis en place, chacun resterait libre de publier ce qu'il veut sur son site et sur son blog. Simplement, certains sites qui s'engageraient à respecter des principes déontologiques en matière de production des informations, pourraient afficher ce label sur leur site.
Une question plus importante me semble être celle de l'utilité de ce label. Le risque de "ligne Maginot" est réel et les craintes exprimées par plusieurs commentaires sur l'inefficacité de cette démarche me paraissent assez fondées. De même, il est clair que, pour beaucoup de sites disposant d'une marque forte, un label n'apportera rien en termes de crédibilité.
Je crois malgré tout que l'idée d'un label présente des intérêts qui méritent que l'on s'y intéresse.
Je voudrais juste donner un exemple personnel, tiré de mes autres activités. Etant chargé de TD à l'Université, je suis souvent frappé du manque de recul et de distance des étudiants par rapport aux documents qu'ils trouvent sur Internet. Il leur arrive de reprendre in extenso certains arguments très marqués idéologiquement sans voir "d'où" parle celui qui les a écrit.
Il y a là un enjeu pédagogique et d'éducation civique majeur et je crois que le label peut permettre d'aider les internautes à se repérer dans le foisonnement d'informations que l'on trouve sur Internet, qui constitue incontestablement une chance pour le pluralisme mais nécessite également des garde-fous et des repères.
Sur le statut du journaliste-citoyen, la proposition se veut essentiellement pratique. A partir du moment où de plus en plus d'internautes vont réaliser des contributions régulières et rémunérées pour des sites d'information, il paraît utile de fournir un cadre pour garantir la sécurité juridique de cette collaboration. Bien entendu, ce statut n'aurait aucunement vocation à concerner toutes les interventions des internautes sur les sites d'information.
Dernier point, sur le fait que nous n'avons pas rencontré de "blogueur" en tant que tels. C'est effectivement le cas mais je voudrais néanmoins préciser que :
- l'objectif du rapport était d'entendre les professionnels du secteur et, notamment, leurs organisations représentatives. A ma connaissance, il n'existe pas d'organisation des blogueurs et il n'était donc pas évident de trouver un blogueur plus représentatif que les autres ;
- nous avons rencontré M. Pierre BELLANGER, patron de Skyrock et pour le moins expérimenté en matière de blogs ;
- nous avons rencontré beaucoup d'acteurs de l'information en ligne, et notamment leurs organisations (ACSEL, GESTE, GFII).
De plus, je constate, avec bonheur, que les blogueurs n'ont pas tardé à se saisir des propositions de notre rapport et à les discuter, ce qui constitue une forme de consultation ex post...
A votre disposition pour plus d'informations.
Maxime

12. Le mardi 27 février 2007 à 23:47, par Netpo

Bonjour Maxime et merci pour votre contribution à ce très intéressant débat, et merci pour les précisions que vous apportez.
Sur la question du label, même si cela part d'une bonne intention et d'une logique qui a le mérite d'être transparente, je dois dire que je n'ai pas vu une seule réaction positive à cet égard, sur ce blog ou ailleurs à ce jour. Et ce qui est plus ennuyeux, c'est le silence assourdissant des médias traditionnels (très peu d'articles de fond sur ce rapport et ces propositions alors qu'il touche à des sujets cruciaux pour les médias, et de manière générale, l'institution journalistique).
Sur la question de la qualité de l'information et de son "usabilité" à des fins pédagogiques, c'est un vrai problème -il ne faut pas se le cacher-, mais un label serait certainement une solution aussi inadaptée qu'impraticable. Le réseau et les moteurs qui le font vivre ont intérêt à développer un système permettant d'évaluer la crédibilité des sources, et des outils qui font déjà leur apparition (Digg-like...) dans la mouvance du Web 2.0 sont bien davantage susceptibles d'apporter une solution à la fois universelle et acceptable par défaut. Je vous invite notamment à consulter cet article (à moins que ce ne soit un billet de Francis Pisani, journaliste (à moins qu'il ne soit blogueur) sur Newstrust, un service assez innovant en la matière: pisani.blog.lemonde.fr/20...

Il y en aura d'autres. Au final, si label il y a, il sera défini par Google ou son successeur, et acceptée ou rejetté par les internautes, pas par une institution publique dans un seul pays.
Sur la rémunération des contributeurs, c'est certainement une bonne chose effectivement, tant pour ces contributeurs, que pour les rédactions. Ca mérite approfondissement.

Sur la question de l'enseignement, je me rappelle encore de mes profs disant la même chose à propos de la télévision. A tout prendre, je préfère que ma fille se serve de l'ordinateur et de wikipedia -en lui apprenant à s'en servir et à confronter les sources- plutôt que de se gaver de télévision. Je vous invite à lire cet amusant parallèle opposant anciens et modernes sur l'a question des revues juridiques vs. blogs juridiques :
www.blogdroitadministrati...

Sur le fait de n'avoir pas pu identifier d'organisations représentatives des blogueurs, on ne saurait vous le reprocher, il n'en existe pas, et c'est bien à la fois le drame des politiques, et de la blogosphère. Les systèmes représentatifs, ça a du bon parfois.

De là à dire que M. Bellanger, de par son succès avec la création des skyblogs, s'y connaît en la matière, il y a un pas de la taille du grand canyon que je ne franchirais pas. Skyblog est un monde en soi, bien distinct de la blogosphère en tant que tel, et notamment de tout ce que représente aujourd'hui le journalisme citoyen.

Je vous rejoins enfin sur l'utilité de ce débat ex post (mieux vaut tard que jamais) qui semble effectivement constructif et courtois (du moins tant que le Ministère de la Culture se tient coi). Nos colonnes vous sont ouvertes, ainsi qu'à M. Tessier pour le poursuivre.

13. Le mercredi 28 février 2007 à 10:34, par Hubert Guillaud :: email :: site

Je suis stupéfait d'entendre qu'on puisse répondre à un enjeu pédagogique et d'éducation civique par un label, alors que c'est d'accompagnement et d'éducation au média dont il doit être question. L'éducation se fait par l'apprentissage de l'esprit critique, pas par sa négation.

14. Le mercredi 28 février 2007 à 10:54, par Netpo

Tout à fait d'accord. Ca vaut pour le web, et ça vaut pour tous les médias d'ailleurs. Le décryptage médiatique devrait être obligatoire en cours d'éducation civique à l'école (si ça existe encore).
A partir du moment où nous devenons tous médias (et non pas tous journalistes, nuance), une pédagogie de base, reposant davanateg sur le bon sens et la responsabilité que sur la déontologie journalistique au sens orthodoxe, s'avère indispensable.

15. Le lundi 5 mars 2007 à 23:46, par Lili

Faut-il en rire?

Lu dans la lettre du Monde : "A l'entrée du meeting de François Bayrou à Caen, jeudi 1er mars, des militants distribuent des tracts orange, couleur de l'UDF. Surprise, le dépliant est en réalité un tract de l'UMP, appelant à rejoindre la campagne de Nicolas Sarkozy."

16. Le lundi 5 mars 2007 à 23:50, par Mela

Dans un soucis de volonté démocratique, une pétition a été crée pour appeller à une candidature à l'élection présidentielle de Dominique de Villepin.
Nous comptabilisons déja près d'une centaine de signatures provenant de personnes de toute sensibilité politique.
Si vous souhaitez signer cette pétition, vous pouvez la retrouver en cliquant sur le lien suivant:


www.bonvote.com/rss.php?s...

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