Sondage IFOP sur les internautes et la net-campagne présidentielle
Par Netpolitique,
vendredi 15 décembre 2006 à 00:44 :: Blog et politique :: #630
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Tags : présidentielles
Voilà un sondage qui devrait rassurer Nicolas Sarkozy. Son intervention à la conférence du Web3 cette semaine a été accueillie pour le moins fraîchement –c’est un euphémisme- par les nombreux blogueurs présents. Qu’à cela ne tienne, le 5è pouvoir n’en a pas (encore) tant que ça, comme semble l’indiquer ce sondage de l’IFOP.
Cette étude de l’observatoire de la netcampagne de l’IFOP, portant sur un échantillon national représentatif de la population internet française de 18 ans et plus, met le doigt sur le grand quiproquo de cette net-campagne : la sur-estimation systématique du poids des blogs et la sous-estimation du média web au sens large.
Le constat est sans appel : 90% des internautes ne visitent jamais de blog politique et le score monte à 93% pour les internautes sans préférence partisane (confirmant le fait que les blogs sont certainement le support le plus inadapté qui soit pour la chasse aux électeurs indécis). Reste donc 10% des internautes français, soit entre 2 et 3 millions de lecteurs réguliers ou occasionnels des blogs politiques(1).
L’IFOP aboutit in fine à un portrait robot qui n’étonnera probablement pas les habitués de République des blogs : « la probabilité de naviguer sur des blogs politiques apparaît d’autant plus élevée que l’internaute est un homme, réside en Ile-de-France, exprime une préférence partisane pour une formation politique de gauche, et qu’il est intéressé et satisfait du déroulement de la campagne présidentielle ».
La netpolitique ne se résume cependant pas aux seuls blogs, et le web au sens large confirme dans cette étude son statut de média de masse. Le sondage souligne ainsi que 40% des internautes utilisent internet pour rechercher régulièrement des informations sur l’actualité politique (soit environ 10 à 11 millions d’individus) dont la moitié font confiance au web comme principale source d’information sur l’élection présidentielle, derrière la radio et loin devant la presse régionale (comme quoi, le choix de la PQR pour annoncer sa candidature n’était décidemment pas la meilleure option).
Enfin, chiffre qui ravira la presse écrite (dès qu’elle aura trouvé le business model qui va avec) : les sites de presse sont très largement en tête des sources en ligne préférées des internautes en quête d’information sur l’actualité politique (pour 63% des répondants).
Dernier coup de patte à l’encontre des blogs faiseurs de roi : le visionnage de vidéos politiques est préféré à la consultation des blogs politique (12% contre 10%), et se révèle particulièrement apprécié des internautes agés de 50 à 64 ans, électorat courtisé s'il en est, soit deux fois plus que pour les moins de 35 ans.
Ce sondage a donc le mérite de remettre un certain nombre de choses à leur place. Il apparaît cependant limité, sans doute parce qu’il est encore tôt dans la net-campagne, en ce qui concerne l’évaluation de trois phénomènes qui seront absolument déterminants dans les mois qui viennent :
- L’influence des blogs sur l’agenda médiatique –et donc politique- est disproportionnée par rapport à leur audience réelle. L’effet loupe introduit par les journalistes avides lecteurs de blogs politiques est en réalité un effet loupe à double foyer : les internautes plébiscitent les sites de presse écrite pour s’informer, or les sites de presse écrite relaient de plus en plus (citations régulières, voire syndication quotidienne) les contenus des blogs politiques, sans compter la mise en exergue des blogs tenues par les rédactions elles-mêmes. Plus les internautes consultent les sites de presse en ligne, plus ils ont de chance de tomber sur des blogs.
- Les blogs militants et les plateformes de blogs politiques mises en place par les partis (et remises en question dans le sondage) n’ont pas vocation à être des mini-médias d’information sur l’actualité politique, sur le même terrain que les grands médias. A la différence des médias traditionnels, ils auront vocation à retraiter l’information en fonction des objectifs militants et à organiser la mobilisation de leurs communautés. Leur objectif n’est donc pas l’information, mais la formation de l’opinion.
- Les blogs qui auront le plus d'influence sur l'opinion publique, s'il y en a, seront moins les blogs politiques que les milliers de blogs personnels qui traitent de tout et de rien, et ne sont guère consultés au-delà de leur entourage (famille, amis, collègues) immédiat. Ce travail de contagion de l'opinion est un travail de fourmi qui a toujours existé, au café du coin, à la table familiale, au bureau, et qui se prolonge aujourd'hui sur les espaces d'expression personnelle partagés. Ce n'est en quelque sorte que l'adaptation dématérialisée du bon vieux two-step flow très bien décrit ici par Thierry Vedel : les informations envoyées par les mass médias sont à leur tour médiatisées par le filtre de leurs relations sociales.
Grâce au web, aux blogs, aux logiciels de social networking (Viaduc, meetic, Xing, etc), ces réseaux sociaux ne connaissent aujourd'hui plus de limites de temps ou d'espace. Ils se regroupent et se recoupent en fonction de leurs affinités électives, pas nécessairement de leurs affinités électorales.

(1) question méthodologique aux sondeurs : rien ne ressemble plus à un site web traditionnel qu’un blog. Comment être sûr de la distinction opérée par les répondants ?.










Commentaires
1. Le vendredi 15 décembre 2006 à 12:28, par koz :: email :: site
2. Le vendredi 15 décembre 2006 à 15:45, par Jelavaisdit :: site
3. Le samedi 16 décembre 2006 à 16:22, par Sittingbull :: email :: site
4. Le samedi 16 décembre 2006 à 21:50, par Netpo
5. Le mercredi 27 décembre 2006 à 01:12, par Toreador :: email :: site
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