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Nous avions publié à l’occasion de la conférence « Blogs 2.0 », un billet consacré à l’influence des blogs politiques, dans lequel nous mettions en lumière l’importance de l’ « effet réseau », effet qui permet d’atteindre une masse critique suffisante pour émerger du brouhaha de la blogosphère, de gagner en visibilité et donc en influence.
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Cependant, en réalité, la blogosphère, à quelques exceptions près, n’est pas (encore) constituée de réseaux délibérément structurés en ce sens. Faute de mieux, l’influence se mesure encore et avant tout à l’aune de l’autorité supposée d’un site ou d’un blog individuel, traditionnellement mesuré par le nombre de liens entrants (inbound links) qui pointent vers lui. Ce principe, à la base de nombreux moteurs de recherche, à commencer par Google, a l’avantage d’être simple et universel : le nombre de liens est représentatif de la notoriété, et par inférence, de l’autorité d’un site.
C’est tout naturellement la méthodologie employée par Versac dans sa très intéressante étude sur la sociologie des blogs politiques français. En fonction du nombre de liens respectifs, quantifiés par Technorati, Versac propose un classement qui faisait largement défaut jusqu’à présent, pour « tenter de synthétiser l’ influence », et catégoriser les blogs politiques en quatre classes : l’aristocratie, la bourgeoisie, les petits notables de province (sic) et le commun des mortels.
Cependant, la métaphore de l’Ancien régime est d’autant plus juste que cet indice tend malheureusement à conforter une sorte d’ordre établi. Comme le souligne pertinemment H.G, dans l’un des commentaires du billet, Technorati tend effectivement à accorder une forme de prime à l’ancienneté ; plus le blog est ancien, plus il aura probablement accumulé de liens entrants depuis sa création (sans compter l’aura médiatique de certains blogueurs qui les a propulsé au devant de la scène). Ce n’est pas une règle systématique, mais dans le cas des blogs de la noblesse (à l’exception du blog de Christophe Grébert qui est, comme il le souligne lui-même, un cas particulier) tels ceux de DSK ou Al1 Jup, beaucoup de liens sont anciens, pointant vers la page d’accueil du blog, rarement vers un billet transcendant qui aurait suscité les échos d’appréciation ou de réactions que traduisent généralement sur les blogs la multiplication des liens et rétroliens.
Est-ce que ce type de ‘linking’ vers l’adresse générique d’un blog reflète réellement l’influence des contributions d’un blog à la conversation permanente de la blogosphère ? On en revient à nouveau à la logique initiale de réseau et de maillage.
Comme le rappelle justement Versac « s'ouvrir à la conversation des autres est un élément-clef pour qui veut développer son influence. » De fait, parallèlement à la conversation verticale classique –entre l’auteur du billet et les commentaires déposés au-dessous- il existe parallèlement une conversation transversale entre les blogs, qui par nature permet de dépasser le seul cadre du blog d’origine et de toucher un public plus large. En étant repris, commenté, et discuté sur d’autres blogs, mis en relation par des liens et rétroliens, les meilleures contributions rencontrent ainsi un écho dans la blogosphère. Cet « effet de résonance » participe ainsi à l’ influence des blogs politiques, dans la mesure où ceux-ci sont également tournés vers l’extérieur, et non pas uniquement vers l’intérieur.
La question posée reste néanmoins entière : est-il possible de quantifier cet effet de résonance au sein de la blogosphère ? C’est précisement ce que tentent de faire certains moteurs de recherche de blogs, et notamment parmi eux, PubSub, le rival de Technorati qui a mis à disposition du public le très intéressant SiteStats.
SiteStats fournit automatiquement pour les 30 jours écoulés le détail du nombre de liens entrants et sortants d’un site ou d’un blog. Or, que constate-t-on lorsque l’on fait le test avec les blogs de DSK et Alain Juppé, qui semblent trôner au sommet de la blogosphère politique ? Et bien qu’ils prêchent sans doute à de nombreux lecteurs, fidèles commentateurs, mais dans un vaste désert !
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DSK ne recueille ainsi qu’un lien entrant en moyenne journalière sur les 30 jours écoulés, avec une pointe « record » de 3 liens (dont deux issus d’un même site). A croire que personne n’a envie de mettre des liens vers l’annonce de chacune de ses interventions télévisées...
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Alain Juppé ne fait guère mieux, avec une moyenne de 2 liens entrants par jour sur la période, et une légère pointe à trois.
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Et qu’en est-il du Tiers Etat de la blogosphère politique, au bas du classement ? Et bien il se porte mieux, et c’est tant mieux pour la vitalité de la blogosphère politique française.
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Nadine Jeanne, conseillère municipale de Puteaux fait ainsi mieux que l’ancien Premier ministre, et beaucoup mieux même pour certains de ses billets qui culminent à plus de 6 liens (jusqu’à 10) a deux ou trois reprises au cours du mois de décembre.
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De même, Alain Lambert, sénateur blogueur qui a connu une ascension remarquée depuis quelques mois, connaît un écho régulier de ses billets dans la blogosphère, avec une moyenne de 4 liens entrants par jour, et des pointes occasionnelles à deux chiffres.
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Qu’en conclure à ce stade, si ce n’est que la blogosphère est une conversation permanente, vivante et croissante, et qu’à moins d’y prendre part, on peut certes continuer d’animer une communauté de fidèles, mais l’on restreint de fait son influence réelle sur la discussion globale.
Commentaires
1. Le mercredi 11 janvier 2006 à 17:04, par Hubert Guillaud :: email :: site
2. Le mercredi 11 janvier 2006 à 18:14, par Stan :: site
3. Le mercredi 11 janvier 2006 à 20:57, par Mry :: email :: site
4. Le mercredi 11 janvier 2006 à 23:17, par Jules :: site
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