Une poignée de blogueurs, dont votre serviteur, étaient invités jeudi 12 janvier à assister à la cérémonie des vœux à la presse de Nicolas Sarkozy (le ministre ou le président de l’UMP ? : les deux en l’occurrence).
Ce n’est pas tous les jours que d’humbles blogueurs (plus L. Le Meur) sont invités à participer à ce genre de grand messe de l’establishment médiatique et politique. En fait, c’est franchement une première à ce niveau, même si le PS avait timidement expérimenté avec ces étranges animaux que sont les blogueurs lors du Congrès du Mans. Différence notable et appréciable en l'occurrence : les blogueurs choisis n'étaient pas tous des militants UMP, loin de là.
Moment historique donc ? Disons, qu’il y en beaucoup ces temps-ci pour la blogosphère politique française, notamment depuis un certain podcast qu’on ne cite plus et qui a semble-t-il ouvert une brèche.
Inviter des blogueurs à une cérémonie d’ordinaire consacrée à la presse, c’est soit de la très bonne com’, soit de la provoc’, soit les deux pour vraiment faire du buzz en ligne, et visiblement ça marche :
(merci au chronologue de J. Veronis)
Qui suis-je ?
Bref moment d’hésitation en arrivant au check-in de la salle Gaveau, divisé entre l’accueil pour les « invités » à gauche, et l’accueil pour la presse à droite. Je cherche l’éventuel stagiaire de service avec une ardoise marquée « blogueurs », puis me dirige au hasard vers le stand d’accueil pour la Presse : bingo.
Tout un symbole ? Non, tout au plus un mode d’organisation plus commode pour le service des relations presse de l’UMP qui nous a invité. Je montre ma carte de presse patte blanche, et hop au balcon avec quelques autres blogueurs qui visiblement ont l’instinct grégaire.
Un discours, un discours !
Le discours a duré plus d’une heure me semble-t-il, avec suffisamment de sujets, d’angles, de chiffres et de petites phrases pour rassasier tous les médias présents, de TF1 à RFO, et de L’Equipe à La Revue Parlementaire. Je ne m’étendrai pas davantage sur le contenu du discours pour les raisons suivantes :
- L’intégralité du discours est disponible en ligne, et LLM devrait bientôt proposer le podcast intégral.
- J’ai encore suffisamment de respect pour la bonne presse pour croire qu’ils font un meilleur travail d’analyse que je n'en suis capable sur des sujets aussi complexes que la réforme de la constitution, la construction européenne ou le retour de Cécilia. Pour le reste, Laurent Gloaguen a publié un bon billet, tandis que Versac et Koz continuent de plancher sur « le fond ».
- Surtout, on m’avait indiqué que Nicolas Sarkozy annoncerait à cette occasion deux ou trois scoops sur sa vision d’internet pour le parti qu’il dirige, et plus généralement pour le processus électoral en général. C’est à ce titre que je comptais bloguer l’affaire, préférant parler de ce que je pense connaître que de la sécurité dans les stades ou la dénationalisation de Johnny Hallyday (véridique). Rien sur le sujet malheureusement dans le discours prononcé.
Dans le texte du discours remis au public cependant, on retrouve trois lignes que le prompteur avait dû sauter sur « le rôle croissant d’internet dans la démocratisation de l’UMP ». Sans l’avoir dit, mais en l’ayant écrit, Sarkozy devait ainsi annoncer la création d’une nouvelle fédération de l’UMP : « la fédération UMP Direct, sur le web ». Dont acte. On y reviendra.
A ma droite ou à la vôtre ?
En fin de compte, c’est la séance de questions-réponses à la suite du discours qui est la plus intéressante, quoiqu’un peu confuse, dans la mesure où les journalistes devaient faire de grands signes ou donner leur position géographique avant de prendre la parole (échange caustique :
-« Monsieur le Ministre, deuxième balcon en haut à droite».
-« A ma droite ou à la vôtre ? »).
Seule partie du dispositif qui laisse un peu de place à l’imprévu, la séance de questions permet à la presse de battre le fer quand il est chaud. En l’occurrence, elle donne aussi à voir le plaisir manifeste que prend Nicolas Sarkozy à s’adonner à la joute rhétorique devant le gratin de la presse française et des correspondants étrangers. J’espère que Loïc ou d’autres mettront en ligne le podcast intégral, en incluant la séance des questions, car elle montre aussi la presse dans ce qu’elle offre de pire et de meilleur. Certaines questions étaient à pleurer de bêtise, d’autres franchement intéressantes, mais qui risquent de ne pas voir le jour dans les médias généralistes. Il sera temps d’en reparler, et j'espère que les blogs se feront justement l'écho de ces questions de fond.
Seul regret, aucun blogueur n’en a profité pour poser une question (j’aurais adoré voir la tête de l’audience se retourner en entendant « bonjour, Machintruc de XYZ.blogs.com »). Il faut reconnaître que la situation ne s’y prêtait guère en l’occurrence, mais à l’avenir, si les blogueurs doivent, comme il le semble, jouer un rôle croissant dans le débat politique français, cela ne doit pas être en simples spectateurs.
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