L’Observatoire de la présidentielle 2007, monté par le groupe RTGI (Réseau territoire et géographie de l’information) de l’Université technologique de Compiègne, vient de mettre en ligne son étude sur la « ségosphère », telle qu’elle s’esquisse actuellement. Avec cette question : la potentialité du blog, en tant que tribune alternative, commence-t-elle à être exploitée ?
En lançant, sur leur Observatoire de la présidentielle 2007, des outils de veille et d’analyse de la popularité et de la popularité des candidats sur la Toile, tels que un Tendançologue et une Blogopole, les chercheurs du groupe RTGI avaient déjà mis en exergue la professionnalisation de la campagne électorale sur Internet. Ils sont allés plus loin en consacrant une très intéressante étude à la blogosphère politique autour de Ségolène Royal, qualifiée de « Ségosphère ».
Une étude illustrée de cartes et graphiques, mise en ligne par épisodes, qui consiste à voir si, au-delà de la vague médiatique autour de Ségolène Royal, il existe sur le web un véritable mouvement de soutien pour (son) investiture suprême
, écrit Guilhem Fouetillou, chercheur à l’origine de cette étude.
Il a donc dénombré 116 sites connexes, et 360 sites voisins.
- Composition de la Ségosphère. L’étude constate qu’à l’évidence, le site desirsdavenir.org trace la route
, décide des sujets qui font débat. D’ailleurs, la plupart des sites « amis » pointent vers ce vaisseau amiral
. Beaucoup de ces sites constituent une garde rapprochée
, mais sont nés d’initiatives individuelles de militants ou sympathisants PS insiste Guilhem Fouetillou – bref, pas de sites télécommandés visiblement. Mais l’étude relève aussi des sites insolites dont – à ma connaissance – les premiers sites parodiques. Avec notamment ce site britannique avec des satires, et photomontages, dans le volet gauche caviar
. On s’en souvient, les sites parodiques et satiriques s’étaient déjà imposés lors de la campagne présidentielle de 2002.
- Comportements de publication. Là , l’étude pointe avec justesse un des aspects qui sera essentiels, à mon sens, dans cette net-campagne : existe-t-il des blogs assez matures pour produire une réelle analyse sur le programme, la campagne… du candidat (qu’ils soutiennent ou pas ?). Visiblement c’est encore un peu tôt : le blog comme lieu de publication autonome
ne concerne que quelques blogs
de la Ségosphère. Ces derniers proposent une véritable tribune à laquelle s’expriment les auteurs
, en commentant l’actualité, la presse… Or, les blogs auraient tout à gagner en devenant complémentaires des classiques comités de soutien – en adaptant l’exercice militant au territoire numérique
, souligne l’étude.
- Autonomie éditoriale. La tête d’un parti politique est-elle responsable des contenus diffusés sur les blogs, dont de ses sympathisants et militants ? Juridiquement non, puisque c’est l’auteur du blog qui est responsable de son contenu. Mais le parti a une responsabilité morale
envers les blogs qui le soutiennent – et qu’il soutient donc. A l’avenir, les partis risquent de créer une forme de régulation des blogs proches, par exemple par des chartes ou labels, remarque l’étude.
- Démocratie participative. C’est ce que prône Ségolène Royal, mais cela ne s’est pas encore vraiment concrétisé sur la Toile, avec un manque de débats organisés dans la Ségosphère en dehors du vaisseau amiral desirsdavenir.org, conclut l’étude – pour l’heure, l’enjeu est de gagner la bataille de la visibilité
.
